DECOUVERTE DU PARC NATIONAL DU MERCANTOUR du 29 juin au 4 juillet

Rédigé par Martine

Jeudi, 29 juin 2017

Nous quittons la maison à 12h, après avoir encore passé un petit moment au téléphone avec Yves et, sur le pas de porte, avec David et Claudia. Nous nous arrêtons à Bavois pour pique-niquer à l’intérieur du camping-car car il pleut. En quittant Prêles, nous avons estimé que nous serions à Etroubles, étape du jour, aux alentours de 17h. Malheureusement, nos prévisions sont complètement chamboulées: à proximité d’ Aigle, un bouchon s’est formé sur l’autoroute suite à un accident et nous sommes un élément du bouchon… Pour couronner le tout, alors que nous sommes quasiment à l’arrêt, un choc secoue le camping-car: le conducteur de la BMW qui nous suit a été distrait et est venu s’arrêter contre notre pare-choc. Résultat des courses: les feux arrières gauches sont cassés. Impossible de poursuivre notre voyage dans ces conditions, il nous faut trouver un garage pour parer au plus pressé, à savoir remplacer les ampoules brisées. Mais nous sommes toujours dans le bouchon et il est déjà 17h30! Lorsqu’enfin nous dépassons le lieu de l’accident et que nous pouvons rouler à une vitesse normale, il est 18h et, à notre arrivée au garage le plus proche, à Monthey, vous avez deviné: il est déjà fermé ! Nous voilà donc dans l’obligation de raccourcir notre première étape et d’attendre demain matin l’ouverture du garage. Nous passons la nuit dans la zone industrielle de Monthey, parmi d’autres camping-cars en attente d’être vendus ou révisés.

Nous jouons un moment et nous accompagnons notre verre de Clairette de petites « cochonneries » (flûtes au sel, pistaches…) qui font office de souper! A 21h30, nous nous mettons au lit, bercées par la pluie qui tambourine sur le toit du bus.

Le lendemain, la réparation effectuée, nous poursuivons notre route jusqu’à notre destination: Tende. Cette petite ville des Alpes Maritimes sera le point de départ de nos randonnées à travers le parc du Mercantour.

Tende vue depuis un petit sommet avoisinant.

Que dire de ce bourg ayant conservé un plan d’origine médiévale ? Il a fière allure, dominant la Roya, accroché à la pente de la montagne, ses maisons aux toits de lauze enserrant le clocher de la basilique…

… mais lorsque l’on s’aventure dans les ruelles étroites et tortueuses de la vieille ville, on est déconcerté par le manque d’entretien des maisons formant le village ancien. Certaines tombent en ruine, d’autres, habitées, ont été réaménagées à l’intérieur et non réhabilitées en façade.

Logique pour ceux qui y habitent mais décevant pour les touristes qui déambulent à la recherche d’indices du passé. Tende fut une cité opulente puisqu’elle était sur la route du sel, voie de passage entre la mer et le Piémont. Aujourd’hui, elle est uniquement le point de départ des excursions dans la vallée des Merveilles, on ne s’y attarderait pas forcément sans cette bonne raison. La municipalité essaie pourtant de retenir les gens de passage en organisant l’été de nombreuses manifestations.

Incontournable, le musée des Merveilles, que nous visitons.

Il nous permet de nous familiariser avec la géologie, la faune, la flore et surtout de découvrir, pour la première fois, les pictogrammes évoquant les croyances et les préoccupations des hommes de l’âge du cuivre et du bronze ancien que nous allons observer tout au long de nos quatre jours de randonnée autour du mont Bégo.

Nous nous accordons un jour de repos au camping (samedi 1er juillet), préparant tout de même notre randonnée dans le parc. En effet, réservations de gîtes, recherches de moyens de déplacement nous prennent un certain temps. Entre refuges complets et bus ne fonctionnant qu’à certaines périodes de l’année, il nous faut « jongler ». Mais tout finit par s’arranger! Le départ est prévu pour le dimanche 2 juillet.

Abandonnant le camping-car, nous quittons Tende en compagnie de Bertrand, responsable du camping ainsi que guide de moyenne montagne. Il doit prendre en charge, ce jour-là, un groupe près du refuge de Fontanalba et nous a proposé de nous emmener en voiture jusqu’à Castérino, point de départ de notre première balade. En fait, nous profitons de monter en voiture un peu plus haut. Il nous accompagne jusqu’à l’entrée du parc.

Nous sommes accompagnées par les ânes qui ravitaillent le refuge des guides.

Après un peu plus d’une heure de marche, nous arrivons à la cabane des guides.

Nous ne pouvons visiter les sites rupestres les mieux conservés sans être accompagnées officiellement et nous nous inscrivons pour une visite. Alain va donc nous faire découvrir pendant plus de 3 heures ce musée à ciel ouvert de Fontanalba.

Ce que l’on appelle la voie sacrée! Toutes ces dalles sont gravées.

Les roches ont été, ici et dans la vallée des Merveilles, modelées par les glaciers disparus il y a 10000 ans. Ceux-ci ont laissé derrière eux des dalles finement polies sur lesquelles environ 40000 gravures rupestres ont été réalisées dès 3500 ans av. J.C. jusqu’à peu près 1700 av. J.C. Celles-ci ont été obtenues par petites percussions ou par pressions et rotations. Le graveur a ainsi creusé de petits trous appelés micro-cupules.

Les fameux corniformes … (taureaux)

Ces gravures témoignent des cultes et croyances, des préoccupations des hommes ainsi que de leurs pratiques quotidiennes. Nous nous attardons longuement sur les gravures représentant des corniformes (46% des gravures), des attelages, des figures anthropomorphes et géométriques (réticulées), des armes.

Très belle visite surtout qu’Alain a beaucoup étudié le sujet et nous fait part des diverses interprétations des archéologues ayant étudié le site.

La tête pleine des riches informations reçues, nous redescendons à pied à Castérino où se trouve notre gîte pour la nuit, juste à l’heure de nous mettre à table.

Le lendemain, nous quittons le hameau vers neuf heures pour rallier le refuge des Merveilles. Le propriétaire de l’auberge a la gentillesse de nous emmener en 4×4 au lac des Mesches, départ du sentier pour la vallée des Merveilles, nous épargnant 4km de marche sur la route.

Notre rythme de progression n’est pas très soutenu car nous nous arrêtons pour admirer le paysage, observer fleurs et papillons et faire quelques photos. Mais qu’importe: nous avons tout le temps! La visite guidée du site des Merveilles a lieu à 15h.

Le refuge des Merveilles situé au bord du lac Long Supérieur

Cette fois, c’est Thomas qui nous accompagne dans ce paysage minéral et nous fait découvrir à plus de 2000m, au pied du mont Bégo, une multitude de gravures. Le temps ne compte pas. Pendant plus de trois heures, nous l’écoutons. Les gravures très stylisées comme à Fontanalba représentent des thèmes identiques.

Toujours des corniformes et une hallebarde

Pendant plusieurs milliers d’années, il nous semble que les hommes d’ici n’ont pas enrichi leur panel de dessins. Des poignards, majoritaires, et des hallebardes interpellent particulièrement notre guide, influencé, semble-t-il, par les hypothèses de certains spécialistes ayant travaillé sur le site.

Ces armes sont d’ailleurs importantes car elles ont permis notamment de dater les gravures. Des armes semblables ayant été retrouvées dans la région provençale.

Des poignards et … des gravures plus récentes.

Certains archéologues pensent que cet endroit était probablement un sanctuaire où nos ancêtres rendaient un culte à la fécondité de la terre mais ils ne sont de loin pas unanimes quant à l’interprétation de ces gravures laissant libre cours à leur imagination d’autant qu’aucune fouille n’a été effectuée dans les vallées.

Le refuge est plein à craquer… imaginez les conditions dans lesquelles nous allons passer la nuit…

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