Destination Baie de Somme et Côte d’Opale – Amiens

Jours 3 – 6

Troisième point de chute : Amiens, chef-lieu de la Picardie. Nous avions souvent entendu parler de sa cathédrale, le plus vaste édifice gothique de France (elle pourrait contenir deux fois Notre-Dame de Paris) et des hortillonnages, dont je vous parlerai plus loin. Notre route pour la baie de Somme passant par cette ville, nous ne pouvions pas ne pas nous y arrêter.
Après nous être installées au camping situé à 5 km du centre ville, nous enfourchons nos bicyclettes et nous voilà parties pour la découverte de la cité. La piste cyclable suit le chemin de halage du canal de la Somme et, après 200 km de voiture, nous pédalons allègrement.

Les deux tours de la cathédrale ont la même hauteur: ce qui dépasse, c’est la tour Perret, sorte de beffroi de béton, édifiée après la seconde guerre mondiale.

Nous commençons notre découverte de la vieille ville par l’extérieur de la cathédrale. Nous sommes particulièrement impressionnées par la richesse et la beauté de la statuaire du portail principal.

Nous nous dirigeons ensuite vers le pittoresque quartier St.Leu, avec ses petites maisons aux façades colorées qui longent les nombreux canaux du vieil Amiens. Nous sommes vendredi à l’heure de l’apéritif, la température est agréable et les terrasses affichent complet. Une animation festive règne sur la place principale.

Au milieu du canal, l’homme sur la bouée, oeuvre d’un artiste allemand. Des étudiants facétieux renouvellent régulièrement sa garde-robe.

A 21h45 aura lieu à l’extérieur de la cathédrale le spectacle CHROMA. Nous décidons d’y assister, après avoir apaisé notre envie de nous mettre quelque chose sous la dent ! Nous nous installons sur une terrasse au bord d’un canal et nous commandons en entrée une ficelle picarde. C’est une crêpe farcie d’une tranche de jambon, de champignons étuvés et de crème puis recouverte de fromage et gratinée. C’est bon mais très nourrissant ! Comme plat principal, j’ai choisi un poisson et Martine, curieuse de goûter aux spécialités régionales, choisit le potjevleesch : c’est un plat froid composé de petits morceaux de diverses viandes (lapin, poulet, veau …) prises dans de la gelée légèrement vinaigrée. La tranche qu’on lui sert rassasierait un ogre et, malgré les principes éducatifs qu’elle a reçus, elle ne finit pas son assiette …

ça a l’aspect du corned-beef mais c’est composé de plusieurs sortes de viandes.

Le spectacle CHROMA présente des images numériques projetées sur la façade occidentale de la cathédrale. Pendant près de 50 minutes, la magie de la lumière illumine les statues des saints, apôtres, angelots et gargouilles, évoquant l’histoire de Notre-Dame d’Amiens et de la ville. Porté par une voix off et un répertoire orchestral aux accents anciens et contemporains, ce spectacle polychromique haut en couleurs nous plonge dans un univers féérique.

Si vous souhaitez vous faire une idée plus complète du spectacle, vous pouvez vous rendre sur You tube à l’adresse suivante :

A la fin du spectacle, les projecteurs restent braqués sur les sculptures du grand portail qui retrouvent alors leurs couleurs médiévales. On peut alors s’en approcher et les admirer dans leurs moindres détails.

Le Jugement dernier

Au terme de cette magnifique soirée, nous reprenons nos vélos pour retourner au camping. Malheureusement, nous avons oublié de recharger nos lampes LED, si bien que nous n’avons pour nous éclairer que l’IPhone de Martine ! Rassurez-vous : le chemin de halage est réservé aux piétons et aux vélos et, à cette heure tardive, nous ne rencontrons pas âme qui vive.

Ce matin, nous nous rendons au centre ville en bus, ce qui nous donne l’occasion de faire une incursion dans des quartiers périphériques d’Amiens. Notre priorité de la journée : la visite des hortillonnages. C’est le nom que l’on donne à des lopins de terre séparés les uns des autres par des canaux navigables en barques à fond plat.

Situés au coeur de la ville, ces îlots s’étendent sur une surface de 300 ha, ce qui représente le tiers des anciens marais exploités pour la tourbe puis pour des cultures maraîchères. Petit à petit, l’urbanisation a colonisé la majeure partie de cette surface et ce n’est que grâce à la ténacité d’une Association qu’une partie du site a pu être sauvée. Actuellement, ces parcelles appartiennent à des privés qui les ont aménagés en jardins d’agrément. Seuls quatre maraîchers cultivent encore des légumes qu’ils vendent le samedi au marché. Les touristes et les amoureux de la nature peuvent découvrir ces lieux de calme en barque ou à pied en suivant le chemin de halage. Nous nous y attardons le reste de la matinée.

Autre moment fort de la journée: la visite guidée de la cathédrale. Ce qui frappe en pénétrant dans l’édifice, c’est la hauteur de la nef, la plus haute de France (43,2m) baignée de lumière grâce à l’importance des ouvertures.

Une galerie située à mi-hauteur en fait le tour. Par un heureux hasard, nous sommes arrivées à Amiens le week-end des Journées du Patrimoine. A cette occasion, le triforium (galerie) est ouvert au public et nous avons l’opportunité de déambuler à 20 m au-dessus du sol de la nef. De là-haut, les visiteurs ont la taille de fourmis !

La rosace depuis le triforium
L’Ange pleureur, sculpté en 1636 par Nicolas Blasset pour servir d’ornement au tombeau d’un chanoine , acquit une immense célébrité lors de la Grande Guerre. Les cartes postales le représentant furent en effet diffusées dans le monde entier par les soldats des armées alliées. Cet ange a la tête appuyée sur le bras droit accoudé sur une tête de mort, la main gauche posée sur une clepsydre symbolisant l’écoulement irréversible du temps.

Nous décidons de passer une journée encore à Amiens, malgré la pluie annoncée à la mi-journée. Comme c’est dimanche, il y a peu de circulation et nous nous baladons à vélo en admirant au passage les anciennes maisons qui bordent les ruelles pavées ainsi que les vastes espaces verts aménagés dans la ville.

L’arrière des maisons du quartier St.Leu

A midi, nous nous joignons à une visite guidée-conférence qui nous permet de nous plonger dans les coulisses du Cirque Jules-Verne.

Ce bâtiment, construit à la fin du XIXe, reprend de nombreux éléments de l’architecture de cette époque, en particulier son armature métallique. C’est Jules Verne, alors conseiller municipal, qui l’inaugura en 1889. Aujourd’hui, restauré, il est utilisé comme salle de spectacles, de concerts ou autres manifestations.

La coupole de la salle de spectacles est soutenu par des poutrelles métalliques. L’influence d’Eiffel est manifeste.
Une loge d’artiste à l’époque de la construction du cirque. Difficile d’imager plus basique !
L’entrée des artistes surmontée initialement d’une cheminée de 35 mètres de haut, élément de la machine à vapeur nécessaire à l’éclairage et au chauffage central du bâtiment. Elle a été amputée d’une dizaine de mètres en 1958 pour des raisons de sécurité.

Visite suivante: la maison de Jules Verne. C’est dans cette grande bâtisse que l’écrivain rédigea plus de la moitié de ses écrits. Y sont rassemblés des milliers de documents sur lui et son oeuvre, de quoi en avoir le vertige !

Le Tour du Monde en 80 jours et Vingt mille lieues sous les mers sont illustrés dans deux chambres, où l’on est plongé dans le monde fabuleux de ces deux romans.

Reconstitution du bateau de Jules Verne, le St. MIchel III

A l’extérieur de la maison, une grande fresque représente les principaux héros de l’écrivain.

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